にじよんじゅうごふんです、
にほんご の しゅんかん です!
Cela fait quelque temps que je n'ai rien écrit sur ce blog, il faut dire que je n'ai pas grand-chose d'intéressant à raconter, alors je vais essayer, non pas de réciter mon cours, mais plutôt de confier à qui veut bien l'entendre les raisons qui ont pu me pousser à m'intéresser au Japon et à sa langue...
Tout petit, comme bien des français, je regardais la télévision, et pour un enfant des années 80, il est bien normal que j'ai regardé le club dorothée... Jusque là rien de très étonnant à ceci près que j'ai regardé la télévision plus que beaucoup d'autres enfants, passant sans doute plus de la moitié de mon temps figé devant ce qui défilait sur cet écran, au point de devenir un véritable accroc...
Et à cette époque les occidentaux en général et les français en particulier découvraient l'animation japonaise. Les coûts d'achats de ces séries étaient très faibles et les doublages furent réalisés à la va-vite ce qui permis rapidement d'inonder l'air de la patrie d'origine d'Astérix d'ondes hertziennes chargées d'onomatopées exotiques telles que "kaméhaméha" ou encore "はあああああ" que l'on pouvait apercevoir au détour d'un écran...Mais pas de quoi alerter famille de France qui aurait pu s'inquiéter de la perte de ce qui fera tout le charme franchouillard de leurs chères têtes blondes...Cette association préfèrera pendant quelques années se focaliser sur la violence et la pornographie latentes existants dans ces histoires fruits de l'imagination perverse d'un peuple composé sans doute d'hommes frustrés inventant des jeux videos et de femmes au foyer pleurant leurs maris revenant balafrés des suites de leur dernière rencontre avec un rônin pathibulaire ou un extraterrestre belliqueux...Pourtant c'est bien ces mêmes français qui tueront le manga sur les chaînes françaises par les lois obligeant la majorité des programmes à porter le label bleu-blanc-rouge, gage de qualité sans doute...
En effet, en y regardant de plus près, j'ai grandi dans une école et un collège des plus banals : petit niveau, petites infrastructures, petites frappes faisant leur loi dans la cour...Et je n'apportais pas mon déjeuner dans une boîte en bois laqué, je ne faisais pas le ménage dans ma classe avant le premier cours de la journée, je ne prenais pas de bain chaud dans des établissements publics, et n'exprimais pas ma joie en brandissant un éventail devant le mont fuji...Et puis ces drôles d'arbres roses je n'en voyais pas très souvent, alors pic-niquer sous leurs feuilles serait bien difficile... Beaucoup de petites différences donc, mais qui passaient inaperçu, malgré la forte charge traditionnelle portée par des auteurs tels que るみこ たかはし dont les oeuvres rebaptisées Juliette je t'aime et Ranma 1/2 ont bercé mon enfance...Et ce n'est pas parce que les héros s'appelaient Hugo et Juliette plutôt que ごだい ou きょこ qu'un garçon ayant deux sous d'intelligence ne pouvait se rendre compte que cette société dans laquelle il vivait un peu par procuration, ce n'était pas celle qu'il côtoyait tous les jours...Alors comment expliquer le succès de ces dessins pas toujours si bien animés ?
Tout d'abord l'histoire, je pense, était plus adulte, et construite que ce que l'on pouvait découvrir sur les chaînes concurrentes, mais je vais passer sur ces détails, et les sujets plus variés pour me concentrer sur deux aspects majeurs, car je crois que le japon tel qu'il est décrit dans ces histoires est vecteur d'une poésie incroyable, celle que distille un monde que l'on ne connaît pas vraiment et que l'on découvre à travers le prisme légèrement déformant de sa littérature (ou ici de son "cinéma"). Le mystère qui plane sur ces histoires dans lesquelles les personnages se déchaussent en rentrant chez eux est suffisant pour intéresser n'importe quel enfant et a sa place avec "c'est pas sorcier" dans le catalogue des programmes éducatifs et éveillant la curiosité de ceux qui aujourd'hui s'abrutissent devant Dora, l'exploratrice pour trépanés et héroïnomanes...
Et puis...Quoi que l'on ait pu dire sur ces histoires, les valeurs qu'elles véhiculent sont simples et puissantes : les "gentils" gagnent à la fin en terrassant les "méchants", parfois en leur écrasant la tête contre une brique, mais parfois aussi en les convainquant de leur erreur et en leur permettant ainsi de rejoindre leurs rangs...Cette vision est finalement bien moins manichéenne que les histoires traditionnelles européennes, et si l'on peut critiquer le manque d'originalités de la plupart des histoires, expliquant comment un jeune garçon finit par sauver l'univers, il faut bien comprendre qu'il s'agit du genre shonen, surreprésenté dans les médias français, qui est loin d'être unique, et que l'on doit comprendre comme un style imposé : tout comme la composition d'un haiku ou d'une balade a ses règles, la composition d'un manga ne se fait pas au petit bonheur la chance, et il faut connaître ses codes pour en saisir toute la finesse. Et puis ceux qui ne parlent que de Dragon Ball Z ne savent pas que moi, de mon côté, je suivais aussi et avec autant d'intérêt, les mésaventures amoureuses de Max et j'attendais avec impatience, que les jumeaux du bout du monde ne se rejoignent, enfin, confortablement installé près de mes parents, devant la télévision familiale, au cours de nombreux dimanches matins heureux que je passais d'une certaine manière, à l'autre bout du monde...
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3 commentaires:
J'ai été très touchée par votre post, je crois que je ne mesurais pas l'importance que pouvait avoir pour vous les animations ou les mangas ... Je suis très heureuse, cela donne plus de sens a ce que je fais avec vous. Merci. (Vous auriez du choisir le manga comme sujet de votre éxposé, peut -être...)
C'est juste une partie de mon enfance...facile de faire dans l'émotion ;) Le manga est déjà très convoité pour l'exposé...et j'espère pouvoir apprendre quelque chose avec mon exposé (si je le commence un jour...)
Et désormais mes posts seront plus courts...et avec plus de japonais!
J'espère que vous parlerez du Kojiki avec autant d'émotion !
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